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Wendy Bouchard : Rencontre avec Loïc Dombreval, un député au combat !

Publié le 30 octobre 2019

Alors qu’en cette fin octobre, les grandes questions concernant la cause animale seront débattues en haut lieu, j’ai choisi de vous en offrir un petit avant-goût, aux côtés d’un homme de conviction.

C’est dans un petit coin de paradis, à une heure de Paris, dans le refuge * de Brigitte Bardot, à Bazoches-sur-Guyonne, que je donne rendez-vous à Loïc Dombreval, député LREM des Alpes-Maritimes, président du groupe d’étude Condition animale à l’Assemblée nationale, par ailleurs le seul vétérinaire du palais Bourbon, bien déterminé à faire avancer la loi sur le sujet.

Deux heures de visite sur ces trois hectares qui accueillent des animaux abandonnés, maltraités ou saisis. Et les impressions à chaud du député fusent : « Je trouve que ce lieu ressemble à Bardot, que je n’ai pas rencontrée mais dont je connais le combat. C’est une icône de la cause animale, et on a besoin de ces modèles et de cette notoriété. Bazoches est un peu hors du temps, romantique, avec ses saules pleureurs, son étang, ses petites maisons en toit de chaume qui accueillent des chatteries impeccables ou des abris à la paille fraîche. La tenue incroyable de l’endroit, la rigueur des lieux me semblent parfaitement en phase avec l’engagement et le professionnalisme de la femme, de ses équipes et des bénévoles. »

Ce domaine beau et modeste à la fois qui, jusqu’en 2006 appartient à Bardot, a été entièrement rénové et c’est un véritable hôtel qui offre les meilleurs soins aux pensionnaires : 700 animaux, 200 chats à l’adoption, des dizaines de chiens, des centaines de moutons, chèvres, cochons, poules ou canards, des pensionnaires en quarantaine et/ou en attente d’être placés. « On trouve une solution et un avenir pour chaque animal récupéré », explique avec dévouement l’une de nos hôtes du jour, Charlène Leroux, responsable du refuge, aux côtés de la directrice générale de la Fondation Bardot, Ghyslaine Calmels-Bock.

Le député Loïc Dombreval regarde tout et touche tous les animaux, du chat au dindon, du vieux toutou aux moutons – réflexe de sa vie de véto entre parenthèses, mais qu’il aspire à retrouver un jour, sous une forme ou une autre, tant l’exercice lui manque.

Ces jours-ci, le ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, doit recevoir les associations de défense animale, de la fondation 30 millions d’amis à la SPA, d’Assistance aux animaux à la Fondation Brigitte Bardot. Les attentes sont immenses, le député le sait, lui qui ne cesse de monter au front pour instruire et expliquer à ses collègues parlementaires que la cause animale est belle et qui plus est éminemment populaire. « Tous les sondages indiquent que l’attention portée au respect des bêtes, de leur naissance à leur mort, ne cesse de croître. Mon job aujourd’hui est de faire comprendre à mes collègues parlementaires que ce sont des sujets progressistes, que la société entière a à y gagner. Le score du Parti animaliste (500 000 électeurs) et d’Europe écologie les Verts aux élections européennes de mai dernier doivent tous nous faire réfléchir ! » Rencontre pour vous, chers lecteurs, sur quelques batailles essentielles à gagner.

  • Comment sortir de ce triste record :  la France, championne d’Europe des abandons !
    Au moment de l’entretien, un petit yorkshire de 9 mois, tremblant et adorable, arrive dans une cage sous nos yeux. Ce chiot a passé l’essentiel de sa vie ainsi enfermé. Après lui avoir acheté un joli collier en strass, sa maîtresse, trouvant que c’était trop de contraintes, l’a abandonné auprès de la Fondation. « Ce n’est plus possible, s’indigne le député. Il faut instaurer une obligation d’informer l’acheteur en animalerie, ou l’adoptant, des responsabilités qui vont avec l’arrivée d’un animal. Une sorte de mode d’emploi de la relation homme-animal. Pour casser l’acte impulsif d’achat. On parle beaucoup de sensibiliser les enfants, mais les adultes sont souvent pires ! On n’a pas assez d’informations sur cette démarche, et tout ce qui serait susceptible de l’améliorer est bon : questionnaires complets, voire permis de détention comme chez nos voisins wallons ou suisses ! Je m’engage à proposer une loi complète sur le sujet, en travaillant avec les associations. »
     
  • Y a-t-il une prise de conscience de l’urgence de ces sujets à l’Élysée ?
    Emmanuel Macron a adopté son chien Nemo dans un refuge de la SPA, et le président a reçu Brigitte Bardot en juillet 2018, mais est-ce que cela prouve une volonté politique de limiter la souffrance animale ? « Oui ! Trois fois oui, répond Loïc Dombreval. Et ce n’est pas de la com’ ! J’ai été reçu à l’Élysée ce lundi et je peux vous dire que les mois prochains vont être riches en engagement sur le sujet. Mais l’animal est un thème compliqué, qui est plein d’affect et suscite les passions. Il faut absolument éviter que deux blocs s’affrontent : ceux qui aiment les animaux et ceux qui s’en fichent. Pour cela, il faut des politiques de transition, et faire coïncider, quand on parle des animaux d’élevage notamment, le bien-être des hommes et des animaux. Il faut accompagner les agriculteurs qui font déjà beaucoup, et encourager le modèle aujourd’hui en place : des élevages de 60 vaches en moyenne, par exemple. »
     
  • À Bazoches, des centaines de moutons ont été sauvées de l’abattage rituel, faut-il une loi sur le sujet ?
    « Ma position est que l’abattage rituel fait souffrir l’animal, jusqu’à une dizaine de minutes dans certains cas, c’est inadmissible ! J’observe que dans certains pays où les cultes hallal et casher se pratiquent, on a trouvé des solutions. Je pense à l’Indonésie, la Malaisie, Israël. Avec des abattages précédés d’un étourdissement. Il faudrait pouvoir importer ce modèle. Une solution alternative pourrait faire consensus : un étourdissement immédiat ; après, l’égorgement, sous contrôle sanitaire. Il faut y réfléchir avec le ministère et les cultes en question. »
     
  • Si vous aviez une baguette magique qui vous permettait de prendre une mesure, urgente, laquelle serait-ce ?
    « Parce qu’on est dans un refuge d’exception, qu’on fasse une belle loi pour lutter contre les abandons. Pour accompagner aussi les personnes âgées, en s’engageant, à leur mort, à placer leur animal. C’est si important de respecter cette relation jusqu’au bout, en maison de retraite et également à l’hôpital. Mais sans baguette magique, j’attends du gouvernement une vraie action. On a encore deux ans et demi, il faut saisir cette chance. Je sens que ça bouge, et je commence à retrouver le sourire ! »

* 4, rue de la Buissonnerie, 78490 Bazoches-sur-Guyonne 
www.fondationbrigittebardot.fr

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